Un coup d'Allepey dans l'eau


 Allepey ou Alappuzha est la Venise de l’Inde, entre backwaters et océan.
Aujourd’hui, les Bidochon font du tourisme. Robert et Raymonde vont passer la journée chez une famille de villageois qui vivent au bord de l’eau, loin de l’agitation de la ville.
L’excursion nous a été vendue par Jim, souriant co-propriétaire de la guest house où nous logeons et qui nous a alpagués dès notre descente du bus.
La chambre, à la mode palmes tressées façon bateaux locaux, est louée au tarif raisonnable de 400 rs, avec moustiquaire et wifi. 
Au lit dans la "bambou room", promesse d'un bon coup.
Sauf qu’en arrivant, il y a internet mais pas de wifi. Qu’à cela ne tienne, « wait 10 mn, please » et nous voici équipés d’une clé 3g un peu poussive, mais bon…
Revenons à nos moussons.
Rendez-vous est pris à 10h00, l’homme, Anthony, vient nous chercher à la guest-house pour nous conduire chez lui. « Very quiet place, good food, you eat the fish that you catch » toujours selon Jim.
Nous empruntons un ferry qui nous emmène à la « campagne ».
Cette première incursion dans les backwaters (non, amis auscitains, il ne s’agit pas de diarrhée liquide ) nous fait découvrir un monde aqueux, fait de canaux et de lacs sillonnés de bateaux de toutes tailles, depuis la barque à une place au  palais flottant pour touristes fortunés. Ils sont quasi uniformément noirs avec, pour les house-boats, une superstructure en bambou et palmes tressées du plus bel effet.
La terre, envahie d’une végétation aussi luxuriante que tropicale, affleure à peine au dessus de l’eau. Tout un système de digues protège les rizières en contrebas.
Nous en prenons plein les yeux (et des oreilles aussi à cause de l’énorme Diesel qui nous propulse).
Anthony, sa femme et son grand fils vivent dans une petite maison en briques, sombre et humide, qu’il est aujourd’hui impossible d’atteindre à pied sec (elle était inondée encore la veille). Il y a l’électricité et l’eau potable provient de la récupération de l’eau de pluie.
Un petit déjeuner nous est servi que nous mangeons sous le regard attentif de nos hôtes et nous voilà partis en pirogue dans les canaux environnants. Anthony a tout prévu, il nous installe sur des chaises en plastique aux pieds coupés et il nous donne une pagaie à chacun. À ma demande, il emporte également une canne à pêche, en fait, un bout de bois au bout duquel est attaché un fil et un hameçon. L’appât est fait d’un peu de pâte, farine et eau.
J’ai une magnifique vue sur le dos de Catherine. La végétation envahit tout, nous sommes plongés dans le vert. Certains canaux sont recouverts de jacinthes d’eau (les mêmes qu’à Cochin, pour ceux qui suivent) ce qui donne parfois la sensation de touiller une salade géante avec ma rame.
Au confluent du lac, nous nous arrêtons pour la partie de pêche. Pas moyen d’en sortir un malgré plusieurs touches. Anthony ne fait pas mieux et nous laissons tomber parce qu’il se met à pleuvoir à seaux.
Nous trouvons un abri chez le voisin qui m’explique qu’après 35 ans dans la micro à Bangalore, il a retrouvé son petit paradis natal. Une rizière, des cocotiers, des manguiers, un filet de pêche, tout ce qu’il faut pour être heureux et zéro frais.
Un peu comme mon projet perso en rentrant (mais pas avec autant d’eau, c’est des coups à moisir sur pied).
C’est marrant comme on retrouve les mêmes préoccupations partout dans le monde…

Comme la pluie dure, nous sortons pour la première fois nos ponchos flambant neufs et repartons. Anthony nous a également fourni deux très élégants chapeaux-parapluies qui ne sont pas sans rappeler les heures chaudes de Roland-Garros.
En ramant, je pense très fort à la chanson de Souchon, ça rime avec mousson.
Heureusement, la pluie est tiède et il ne fait pas froid, ce qui donne un petit côté douche plutôt sympathique.
Mary, l’épouse d’Anthony nous attend dans son trois-pièces-les-pieds-dans-l’eau sous les cocotiers, prête à servir nos deux repas sur feuille de bananier. Du riz blanc accompagné de diverses sauces et de poisson frit péché avant, heureusement. C’est très bon. Ils mangeront après nous.
Le temps ne s’arrangeant pas, nous restons à commenter l’activité des poules, (poules d’eau et poules mouillées, bien sûr), le niveau de l’eau, les moustiques (salauds !), tout ça dans une ambiance un peu lourde.
Nous apprenons ainsi qu’Anthony est salarié (6000 rs/mois), qu’il loue la pirogue et que le reste de l’année, il travaille dans les rizières.
Nous avons payé 1000 rs par personne pour cette journée.
A qui va le profit ? Où que nous soyons sur cette planète bénie entre toutes les planètes, il y a des exploités et des exploiteurs. 
Est-ce une question d'équilibre ?
















Commentaires

regard a dit…
aloorsss les amis
on est dans la gribouille de mousson !!!
moi, j'suis dans le mousseron
et y'en a dans les prés
juste un petite pluie fine
et c'est parti

je vous suis à la trace
et crocquemardesquerai
un refrain
sous les palétuviers
si le vent me vient
Anonyme a dit…
A la question "A qui va le profit ?", je citerai F.Raynaud :
"Et l'sel, faut bien payer l'sel !"
Aujourd'hui, ici, c'était l'Armistrisse.

A partir de demain, ce sera l'Army's gay, Yeah !
Anonyme a dit…
Bonjour les amis

tous va toujours comme vous voulez
on écrit plus ???

Bizz de ce qui avait bien envie d'être avec vous Maril

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