Iguazù, seconde partie



À l’hostel nous prenons nos habitudes, les empanadas d’en face sont délicieuses, le temps s’est stabilisé au beau et la petite fraîcheur automnale nous offre des nuits réparatrices après les moiteurs tropicales. Mon herpès bizarroïde s’est complètement résorbé, y’a pas je suis une fille des climats tempérés même si le régime chaud-froid instillé par Sophie m’a laissé un goût d’y revenez pas. 




En ce jeudi matin, sans avoir à passer une frontière nous voici devant le parque national del Iguazù où une liste tarifaire nous fait grincer. Le gringo paie plus que tout le monde puis vient le tarif mercasur puis argentin puis régional puis local et à chaque fois tu multiplies presque par 2. Nous acceptons de payer plus mais là ça frise le racisme, nous trouvons ça carrément injuste. Nous commentons l’injustice dans la queue et rapidement sans vraiment y réfléchir nous estimons qu’en nous fondant sur le fait qu’Alfred passe pour un local dans n’importe quel pays d’Amérique latine, il va se présenter seul au guichet pendant que j’irais faire un tour plus loin et mektoub.
Je vois arriver 2 mn plus tard mon gaucho fier et souriant tenant dans sa main deux billets au tarif argentin. Il lui aura suffi de deux mots pour plier l’affaire. 
Alfred devant le guichetier : - ¡ Dos !
Le guichetier levant son nez : - ¿ De que region sos ?
Alfred sobre : - ¡ Neuquen ! (ça ne s’invente pas)
Le guichetier silencieux émet les billets et nous voilà argentins pour la journée !


Diego, l’un des deux jeunes hommes qui tient la pousada est mort de rire et n’en croit pas ses oreilles. Il égrainera l’histoire toute la semaine. Ernesto notre premier hôte couch surfeur, nous propose une carte de citoyen d’honneur de Neuquen. Nous raconterons souvent cette anecdote par la suite et c’est fou comme on salue les petites histoires de truande en Argentine ! Plusieurs nous avouerons :”Il n’a pas que nous pour faire ça !”. Hé non !






Toujours la banane aux lèvres nous sommes partis sur les chemins vers la gorge du diable. À nouveau les oiseaux furtifs, les myriades de papillons, la forêt qui bruisse, la rivière Iguazù qui s’étale. Peut-on encore employer le mot rivière devant une telle grandeur ? Hé woui puisque ce n’est pas un fleuve (sic). 
Ici le féminin défie tous les démons : une gorge, une chute, une forêt, une rivière et le diable s’emporte, sans résultat, la Pachamama domine. L’œil s’intrigue devant une brume incongrue sous un ciel limpide puis l’oreille s’étonne devant un grondement sourd, les pas s’accélèrent sur la passerelle en feraille, l’humidité s’intensifie mais la première surprise vient de l’aura dessinée par le soleil sur l’ombre de nos silhouettes qui se reflète sur l’eau. Étrange phénomène qui nous retient et nous évite de nous précipiter comme d’authentiques moutons de Panurge derrière nos congénères impatients. La foule passe, nous continuons notre jeu d’ombre et de lumière en joignant nos auréoles, en dansant devant elles, en nous “photo-kirlianant” en riant puis le calme arrive, ils sont tous dans le brumisateur géant, nous savourons un moment de solitude. 



touristes sous plastique
Pour ne rien perdre de la vue
Même si la saison rend le touriste rare, il en reste. 



Puis c’est là à droite comme un énorme anus blanc et bruyant, la terre se brise, l’eau s’engouffre, l’émotion me saisit, surprenante, mon cœur s’accélère à l’unisson, je me mets à pleurer comme une fontaine. La nature me fait autant d’effet qu’une comédie sentimentale américaine, en progrès !
Place aux photos parce que ça mitraille sec dans le coin, faut dire que ça en bouche un coin et ça décrasse les canaux lacrymaux.













En guise de fin : la main du kinésiologue










Commentaires

Armand a dit…
J aime bien la couleur oranger du fond d’écran des blogeurstroopers que vous êtes mes amis.
Alors Alfred, comme ça en Espagne, t'est espagnol, bon ça, ça se comprend, en Mongolie t'est mongole, au Chili t'est chilien et maintenant t'est argentins, punaise la classe.
Le prochain défi, te faire passer pour un islandais en Islande.
Un bonjour a ton papillon catherinusEuplagia quadripunctaria)
Bises.
Anonyme a dit…
des mines d'améthyste, les chutes d'Iguazu, des fesses et des papillons.
mine de rien vous en voyez des choses les amis !
j'ai l'impression que vous êtes scotchés dans cette Amérique latine et qu'on va plus vous revoir !

Dans 10 jours j'irai à Ste Croix pour "écologie et spiritualité" une sorte d'université d'été rassemblant des gens du réseau des écosites sacrés

J'ai fêté dignement mes septante années autour d'un brasero et aux sons des didgeridoos

je vous embrasse

Gaël

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