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Catherine & Alfred

vendredi 17 juin 2011

Si tu vas à Rio


On a rangé les pédalos…
Un jour, il est temps de partir, la dernière piqûre de moustique grattée, le dernier bain dans l’océan bleu-vert, le dernier regard sur la frange de cocotiers qui coiffe délicatement la côte, le dernier poisson dégusté en belle compagnie sur la plage… Un grand coup d’émotion en quittant Mada, Sophie, Keleu et Domingo et nous voilà à l’aéroport direction Rio où Terisinha, notre hôtesse couch-surfeuse, nous attend. Nous avons échangé quelques courriers timides et confiants mais comme à chaque fois avec le couch-surfing, nous ignorons presque tout de notre hôtesse, mis à part une image floue donnée par sa fiche sur le site.

Fragment épistolaire improbable…
Parfois, quand on ne sait plus sur quelle langue danser, on mélange samba et fox trot !
Boa noite Teresinha,
Obrigado pela sua resposta.
Chegamos na Rio no dia 30 e permanecerão uma semana mais ou menos.
Yes, we gonna speak a strange but cordial brasilian-english.
If we can stay 2 or 3 days in your house, it will be just perfect. 
We don’t smoke anymore, que alegria !
Attenciosamente
Catherine é Alfred



Plaies et bossas
Le swing du surin
Faut pas jouer les héros à Rio de Janeiro
Les amateurs de crack n’y jouent pas au tiercé
Quand ils te courent après il vaut mieux cravacher
Où bien tout leur lâcher, serrer les fesses et prier.
Si tu tiens à ta peau, ne vas pas à Ri-Yo
Si t’es pas un aventurier, reste là où tu es.



Les forums de voyageurs, le site officiel de l’Ambassade de France, le Routard, Lonely Planet, tous semblent unanimes : Rio est un coupe gorge où tout peut arriver. Des hordes de junkies descendus des favellas hantent Copacabana, le Corcovado et Ipanema, les yeux injectés de sang pour détrousser le touriste et plus si vous résistez. Si malgré tout vous vous sentez une âme d’aventurier, planquez l’argent dont vous avez besoin dans votre slip de bain, enfilez votre T-shirt le plus pourri pour faire couleur locale, évitez tout signe extérieur de touristerie (bijoux, caméras, appareils photos…), privilégiez les taxis, fuyez les bus mais le mieux, c’est encore de rester dans votre chambre climatisée et regarder la télé.
C’est à se demander si certains ne veulent pas se garder Rio pour eux.
Même en plein désir de retour à la nature et malgré mon aspiration au calme et au bon air, je dois reconnaître que Rio de Janeiro est probablement la plus belle ville du monde. Son emplacement sur un site géographique incomparable qui allie montagne et océan, sa plus grande forêt urbaine du monde et ses plages au sable blond immaculé font que l’on s’y sent bien. Finie l’énergie brute de Salvador, bonjour la légèreté et la douceur de vivre carioca. En toute sécurité !


Si tu vas à Rio, n’oublie pas… Tijuca
de chausser tes bottes de touristes et de battre le pavé même s’il est chaud. Rio est une ville où la marche à pied est élevée au rang de religion. Nous avons donc pratiqué avec assiduité et bonheur. Départ Tijuca, le quartier de Teresinha, un quartier tranquille, classe moyenne, boutiques et petits commerces loin des méga-shopping qui fleurissent ici, prédateurs invincibles des petits commerçants qui survivent encore un peu. Ici comme ailleurs, on est fier d’aller acheter du Chiffon dans un frigo glacial tant la clim est poussée à fond et de retrouver les mêmes produits à Milan, Hong-Kong, Rio ou New-York. Planeta entera, reprenons tous en chœur : le fric, c’est chic !
Donc Tijuca, planqué à l’ombre du Corcovado est à ne pas confondre avec Barra de Tijuca, le quartier nouveau riche de Rio qui croît et embellit (?) au Sud de Leblon avec ses immeubles mégalo-romains à la Ricardo Bofill si chers aux montpelliérains.
Donc Tijuca est à ne pas confondre non plus avec Florestal de Tijuca qui enserre de sa gangue verte les pieds du Rédempteur.
Donc Tijuca est le quartier qui jouxte celui de Maracana et son stade célèbre (on lui refait une beauté en prévision du mondial 2014). ah ! enfin une référence solide, enfin du foot. Ainsi revenons-nous toujours à une histoire de pieds et de marche.
Donc Tijuca, c’est là où nous logeons et le soir quand nous rentrons fourbus, nous avons plaisir à retrouver ce quartier animé et tranquille ainsi que Teresinha. Theresina est une jeune veuve de 63 ans qui après deux ans est encore toute engourdie par la soudaineté du trépas de son Valter. Pour soulager sa peine, elle est partie passer trois mois au Canada, peut-être pour la congeler ? et pour parfaire son anglais. Donc, face à notre brésilien hésitant, elle se lance dans la langue de Shakespeare et nous avec et c’est pas pire. 

N’oublie pas jus et feijoada
• de boire à la moindre gorge sèche un jus de fruit frais : acérola le matin, graviola à midi, maracuja en fin d’après-midi et une batida (divers jus de fruit, sucre, alcool) en début de soirée. C’est facile, tous les coins de rue proposent quelques en-cas plus ou moins gras accompagnés d’un super jus de fruit (on ne s’en lasse pas). 
Sinon bière, soda et caïpirinha te tendent les bras ! idem pour les petites faims : pastel, bolinho et autres petits beignets t’éviteront de te jeter sur la première feijoada qui est une version sophistiquée du arroz-feijão (riz-haricot) présents partout au Brésil mais ça on en a déjà parlé. 
Cette spécialité carioca, dit-on ici, est servie avec plus de viandes, des oranges, une farofa (farine de manioc) sophistiquée, une espèce de choux ou apparentée. La feijoada se déguste de préférence à midi et t’invite à une longue marche digestive le long des plages…
Tu peux aussi te goinfrer de bidoches (autruche, sanglier, crapaud, tortue, compris) allègrement accompagnée de sushi :-)) et autres spécialités du monde entier, proposées dans les célèbres churrascarias du sud brésilien.
Rotizo (rotisserie plus modeste), lanchonette (petit restau pas cher mais pas de sushi) te coûteront moins cher.  Sinon tu n’échapperas pas aux restos al kilo, plus frustrant mais très à la mode, qui ont remplacé les buffets à volonté (à peine as-tu rempli une demi-assiette qu’il t’en cuit déjà 20 rs (environ 9€) (entre 3 et 5rs les 100gr:-((.






















N’oublie pas de bien te chausser
Bon, désolé Jacques mais cessons de parler bouffe pour passer au dada carioca : la marche.
Donc un premier 800 m pour descendre jusqu’au métro Saens Peña, repos tressautant dans les wagons où l’ambiance souterraine fait ressembler un carioca à un parisien. Descente à Siquera Campos à 3 quadras de Copacabana, à peu près entre le Poste 4 et 5 (ici on se repère grâce aux surveillants de baignade). Cap au sud direction Ipanema d’un bon pas en sifflotant quelques bossas… C’est pas beau ça… Ça nous a comblés, émerveillés, à nouveau l’enfant en nous est heureux et glisse sur le célèbre pavage du bord du rivage à Rio. Hommage à la Garotta, rue Vinicius de Moraes où nous griffonnons sur la nappe blanche en papier quelques mots en pensant à Yves… Arrêt ravitaillement Praça da  Paz et reprise d’un pas plus lourd vers Lagoa (la lagune planquée derrière Ipanema), c’est la magie de Rio derrière chaque Moro se cache un paysage unique et différent mais qu’est-ce qu’elle est grande cette lagoa ! Plus cariocas que les cariocas, nous décidons de rejoindre le Jardim Botanico toujours à pied. Nous accélérons craignant d’arriver avec l’ombre qui assombrira les allées de palmiers impériaux, ouf juste à temps nous arrivons pour prendre un coup de calme dans ce jardin splendide et vert en cette saison. Je vis un pur moment de bonheur devant des nénuphars pendant qu’Alfred tombe amoureux d’un arbre. Nous quittons le parc à la nuit noire et, merci la chance, un bus direct pour Tijuca passe devant nous et s’arrête. Ouf, plus qu’une heure et demie de grand prix car notre bus semble conduit par le beau-frère d’Ayrton Senna dans une circulation délirante et nous voilà rendus pour le dernier 800 m avant le repos devant quelques novelas chez Teresinha.


Photo prise le jeudi de l'Ascension,
`étrange, non ?









Corcovado
Le lendemain Teresinha nous propose de nous conduire au Corcovado en voiture, ça c’est vraiment gentil même si la brume encombre le ciel. Nous grimpons deux rues, laissons de côté la favela et nous voilà dans la forêt comme si la ville n’existait pas. Quand on vous dit que Rio est magique ! et on grimpe et on grimpe et on grimpe, Teresinha nous raconte sa vie avec Valter quand ils avaient une maison dans le coin, maintenant c’est son fils véto qui l’a rachetée mais il n’est pas libre, trop occupé… Pourtant les 3 enfants se relayent au téléphone autour de leur mère pour la soutenir et l’encourager d’avoir accepté ses premiers couch-surfeurs : nous et nous on est ravis de passer du temps avec elle, une vraie carioca qui nous conte mille histoires sur sa ville avec amour et passion. 
Au pied du Christ, cette femme juive d’origine portugaise, italienne, indienne d’Amazonie et un peu polonaise nous parle de ce que mixité veut dire pour un brésilien. Elle défend l’intercommunautarisme, l’échange et le brassage des cultures, elle nous dit que cela ne devrait même pas être un sujet de conversation tant cela va de soi, elle confie sa peur de tous les racismes et s’insurge devant la réputation de sa ville jugée dangereuse. Elle est passionnée même si un voile de tristesse assombrit souvent son regard. Merci Terisinha pour cet accueil sincère et timide, nous garderons un souvenir magique de Rio (pour moi c’était déjà ça) grâce à toi.
Au moment de redescendre, elle nous propose d’aller jusqu’à Barra de Tjuca où son mari souhaitait vivre, elle préférait Tijuca alors elle raconte encore et encore. Elle parle de son père qui aimait déjà cette plage longtemps considérée comme hors carioca et de sa mère qui ne l’aimait pas. L’Histoire se renouvelle sans cesse. Bientôt, si ce n’est déjà vrai, ce nouveau quartier sera définitivement inclus dans la ville. À Rio, ce n’est pas une colline qui fait frontière, seul l’océan a partagé Niteroï de Rio, sinon la ville croît et s’embellit toujours un peu plus mais nous ne sommes pas allés dans les quartiers nord où la misère s’étale sur tous les flancs et dans tous les sens. Ainsi en va-t-il de Rio comme de bien des villes dans le monde.
D’un coup Terisinha décide à 11h30 du matin de nous faire goûter une batida dans le bistrot le plus célèbre du coin qui a été couronné roi de la batida depuis 1946, bref une institution. J’en choisis une au maracuja et Alfred cococuja (mélange coco maracuja plus évidemment cachaça, sucre et compagnie). C’est absolument divin, ça se boit sans malice et te laisse sur le carreau en moins de deux. Résultat : au retour une pause siestounette s’imposera avant un délicieux repas et un nouveau départ vers Copacabana en bus où nous avons rendez-vous avec Elsebeth, une copine danoise de Sophie qui vit à Rio depuis 25 ans. La rencontre est sympathique et ennéagrammique en diable, nous discourons comme si nous nous connaissions de toujours et envisageons d’aller danser à Lappa vendredi soir… Mais nous le répétons, faire des plans en voyage, ça ne fonctionne pas bien ! Nous retournons sagement à Tijuca où l’animation loin des touristes est encore plus sympathique. C’est l’heure de la petite bière entre voisins, entres amis, un petit salgado ou bolinho ou autres petits en-cas salés… et voilà. On dîne peu au Brésil, on petit-déjeune copieusement et on se fait un gros plat à midi, j’aime bien ce rythme. Voilà encore une grosse journée.












Pão de Azucar
Le lendemain, Pão de Azucar, comme les vrais petits touristes obéissants mais que c’est bon d’être obéissant parfois ! Sachez-le, si le Corcovado se visite plutôt le matin, il convient de monter au Pão de Azucar en fin d’après-midi quand la lumière tourne. Nous chopons encore au hasard, avec la seule indication Botafogo en ligne de mire, un bus qui prend un itinéraire encore totalement différent de la veille et l’avant-veille et qui nous amène à Santa Theresa avant de nous déposer à Botafogo après avoir longé Flamengo. Ce coup-ci, pas de Centro, pas de Lappa. Il ne nous reste plus qu’à viser les câbles du téléphérique et à nous faire confiance face à la topographie locale. Les mini-montagnes rondes mais sacrément escarpées se dressent devant nous, hum, hum ! Donc, les câbles… nous traversons des routes-rues hyper-encombrées où des courses de vitesse sont semble-t-il organisées 24h sur 24. Nous en sortons vivants et entrons dans le quartier étudiant de URCA avec soulagement. Là tout est calme, très XIXème siècle, les universités se succèdent, les rues adjacentes sont bordées de maisons basques, flamandes, art déco etc, etc, pas de bruit, pas de circulation, des jeunes discutent, les vieux promènent leur chien. Nous déambulons peinards jusqu’à la Praia Vermelha (plage rouge) où Chopin médite en prenant la pose face à l’océan, où le soir des musiciens viennent taper le bœuf, c’est bon enfant et relaxant. C’est là que démarre le téléphérique qui nous monte au sommet d’où nous regardons tranquillement tomber le soleil sur la ville. C’est beau, nous restons là une heure ou deux jusqu’à ce que la faim et la brise fraîche nous ramènent dans l’agitation carioca. 
Ce soir nous sommes invités à la centième rencontre des couch-surfeurs de Rio. Teresinha nous y rejoindra peut-être. Ça se passe à Copacabana sur la plage, du monde arrive de partout on est accueilli estampillé et voilà c’est parti pour la soirée, bière, pizza en forme de cônes (ce n’est pas une plaisanterie), caïpirinhas, gâteaux et bonne humeur. On rencontre du monde de la planète entière et des cariocas curieux et sympathiques. C’est informel, c’est décontracté, les plans et les histoires s’échangent. Décidément l’esprit Couch-surfing, c’est bon. Spécial dédicace à Jon un basque de Bilbao bien bien sympathique ! Nous verrons comment se passent ces réunions à Toulouse en rentrant. Teresinha nous rejoints et nous gratifie d’une longue balade en voiture dans Rio by night, un vrai bonheur !




Cornet de glace ? Non ! Pizza en cône

Ultimo dia
Le lendemain repos, on va au marché du coin, on hésite à acheter quelques sauces pimentées dont chaque brésilien semble avoir le secret mais on renonce devant l’éventualité de fuite dans nos sacs ! Dommage, ici en Uruguay, ils semblent ignorer les délices que leurs voisins fabriquent avec art. Nous pensions décoller vers 11h histoire de choper le bus pour Iguaçu à 15h, c’était sans compter avec le plan de Teresinha qui nous avait préparé une feijoada light de départ. Nous faisons la connaissance de sa fille, ça tchache, ça se dit adieu et nous voilà à nouveau à Copacabana (toujours avec un bus et un itinéraire différent, parfait pour visiter Rio) où nous dégotons un petit hostel (Pousada Girasol) à 130 rs pour une jolie chambre avec une grande salle de bains et petit déjeuner, le tout à l’écart de la circulation et à une quadra de la mer. On est vernis ! mais pour cela il m’aura fallu déambuler dans les rues pendant 2 heures pendant qu’Alfred garde les sacs et parfait son estimation sur les arrières trains brésiliens célèbres dans le monde entier, moi qui pensait qu’il en profiterait pour écrire ! (Pfff ! Il s'agit d'une étude scientifique fort sérieuse à laquelle je me soumets à la demande de Bruno, cf voir les éléments mis en ligne dans le post précédent)
Nous shoppinons un brin, histoire que je m’offre un redoutable mimi mini bikini à frou-frou et Alfred un paréo novo, Nous dînons léger dans une gargotte bien populaire comme on les aime, c’est vendredi soir, les cariocas commencent le week-end ! Nous avons hésité à rester plus longtemps mais le rythme de la ville, bof, bof. 
Samedi matin, nous nous joignons à la foule des marcheurs le long de Copacabana at Ipanema, il fait beau, l’océan roule ses vagues. Ah Rio ! Voilà encore une ville où tu n’hésites jamais à revenir. La matinée passe tranquille puis dernier ônibus vers la rodovaria où le bus pour Iguaçu nous attend, nous pensions qu’il s’agissait d’un bus super confort avec sièges-lit et tout et tout, même pas, ils ne s'inclinent qu'à 160°… Nous revoilà comme avant à l’avant, pieds devant, en avant pour 22h de bus ! Yallah. 



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