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Catherine & Alfred

dimanche 7 novembre 2010

La tournée des comptoirs

30/10/2010

Notre train arrive finalement à 1h15. Les “sleepers” sont égales à elles mêmes. Lumière, bruit, odeurs, ventilateurs à fond. Tous nos sens sont sollicités.
Un va-et-vient incessant de marchands divers, nourriture, gadgets,! boissons, avec chacun un cri, ponctuent notre sommeil. À croire, qui plus est, que tous les mendiants éclopés qui n’étaient pas à Bangalore se succèdent ici. Le tout ponctué par les sonneries et musiques diffusées par une multitude de téléphones portables.
L’ambiance reste sympathique, nos voisins aimables et avenants.
Ernakulam Junction, la gare qui dessert Kochi - Fort Cochin - ancien comptoir français, est annoncé dans 30mn. Il est 14h30. 
30-31/10 - 1er-2/11/2010

Après l’ancien comptoir portugais, nous arrivons dans un ancien comptoir français, de ceux dont les noms ont bercé notre école primaire et qui ont fait rêver Catherine depuis cette l’époque où son grand-père les évoquait.
Kochi, autrement dit Fort Cochin où l’immense lac Vembanad se jette dans l’océan Indien, porte d’entrée des “Back Waters” qui font partie de notre futur programme. Ernakulam est la partie continentale reliée par ferries au coût dérisoire (5 rs).
Nous y louons une chambre à l’hôtel Saphire pour la modique somme de 400 rs à 150m de l’embarcadère. Retour à la ville, au bruit, à la circulation et à la pollution. Demain matin, nous traverserons aux aurores vers l’ancien quartier français.
31/10/2010

Le sort nous est heureux. Ayant raté la descente initialement prévue, nous nous retrouvons à l’envers du courant des touristes. Nous débarquons tout près de la synagogue et du Deutch palace avant que les boutiques n’ouvrent et profitons ainsi d’un temps de calme et de paix.
Il existe un très ancien quartier juif à Cochin et il est possible de visiter la synagogue (même un samedi). C’est une première pour moi et j’apprécie le moment de recueillement qui se propose. Il n’y a plus de rabbin et dans un coin, deux jeunes américains ont revêtu leur tenue d’oraison et prient avec ferveur.


Nous ressortons apaisés, juste à temps pour éviter un plein bus de touristes. Ouf ! Nous continuons notre balade, admirant au passage quelques pièces de toute beauté chez des antiquaires et en particulier une volière d’anges.


Nous nous retrouvons à moins de 500m de là dans un temple Jain opportunément ouvert durant 1h30. L’aspect liturgique est familier, même si nous notons que la prière est guidée par une femme. On baise la pierre de seuil, joint les mains, salue les divinités, on chante et on lit des textes sacrés. On y vient en famille dans une ambiance bon-enfant. Je ne peux que remarquer un ado qui arbore un T-shirt “Sid Vicious” et qui sourira lorsque je le féliciterai. Un homme nous conseille d’attendre quelques minutes, on va nourrir les pigeons. En effet, une nuée de ces volatiles attendent patiemment l’heure, comme un rendez-vous. Ils voleront d’abord plusieurs fois en cercle autour du temple avant de se poser en bon ordre pour se gaver de riz et de pois. Certains daigneront venir picorer dans la main de quelques élus. Nous réalisons une fois de plus que les anges nous guident, tant notre timing se révèle synchrone, grâce même à ce que nous pensions être des erreurs.

Nous traversons la ville vers l’Ouest par un marché musulman afin de rejoindre la cathédrale Ste Catherine dans l’ancien quartier français nommé “Fort Cochin”. Elle est fermée ! Nous apprécions les anciennes maisons coloniales reconverties en guest houses plus ou moins luxueuses. Les rues offrent un calme bien venu dans la chaleur moite.

L’océan, enfin, et ses inévitables “chinese nets” autre piège à touristes. Ni plus ni moins que des filets carrés comme on en voit sur la Gironde à Bordeaux.




C’est dimanche, les Hindous semblent s’être tous donné rendez-vous pour voir le soleil se coucher, les minuscules plages sont bondées, même si elles sont envahies par des bouquets d’une sorte de nénuphars que charrie le lac.

La foule, le bruit, la fatigue nous font rejoindre le ferry pour rentrer.

Il y a deux files pour acheter les tickets, l’une pour les hommes, l’autre pour les femmes. La première est prise d’assaut mais Catherine parvient sans trop de mal à nous prendre deux billets. Nous vérifions très vite un axiome Hindou : “Dans une queue, il faut passer le premier”. Il y a un portillon métallique pour accéder au bateau, l’employé fait passer les femmes et les enfants d’abord -comme il se doit-, vient ensuite le tour des hommes et là, la ruée évoque une entrée en mêlée du Stade. J’ai décidé de jouter et j’en sors avec les honneurs. (Il faut dire que la plupart ne font pas le poids, même si l’on croise régulièrement quelques vrais Malabars) Résultat des courses, n’avait été vendu que le nombre juste de places disponibles, toute cette cohue était donc inutile…

Ici, c'est toujours l'heure du bon Dieu
Quelle que soit l’heure à laquelle nous y entrons, les lieux de cultes sont fréquentés. Hommes et femmes entrent, se recueillent, prient, repartent, sans même, parfois, prendre le temps d’ôter son casque. Toutes les religions semblent cohabiter en bonne intelligence : hindouisme, bien sûr, dans tous ses états, islam, beaucoup, catholicisme à Goa et dans le Kerala, bouddhisme et même judaïsme (traces). À Cochin nous trouvons une cathédrale orthodoxe syrienne et plus dans les terres un centre pentecôtiste. Les divinités sont ornées de colliers de fleurs multicolores et les innombrables bâtiments sacrés sont propres et bien entretenus.

Tut-tut
Ernakulam, c’est la ville, c’est à dire la circulation, la pollution, les rickshaws et surtout LE BRUIT. Incessant, omniprésent, s’intensifiant au fur et à mesure de la journée. Pots d’échappement, petites motos et, bien sûr, les klaxons. En Inde, on conduit au son d’abord, à la vue ensuite. Quand je dis vue, c’est uniquement vers devant, le rétro est has-been, facultatif en quelque sorte.
Une journée de déambulation pédestre citadine se révèle un exercice épuisant.
Il existe un élément bruyant supplémentaire, je veux parler du coassement des corbeaux. Ils sont aussi nombreux que les moineaux chez nous, peu farouches et très bavards, ils rajoutent un fond sonore permanent et désagréable à nos oreilles.

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