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Catherine & Alfred

vendredi 31 décembre 2010

Thaï messages (suite)


Koh Jam Session   

Nous sommes le 3 décembre, veille de l’anniversaire de Johana qui va fêter ses 20 ans  en Thaïlande, la veinarde.
Pour l’occasion, nous sommes attendus à Koh Jum, une île située entre Krabi et Koh Lanta, annoncée comme un autre petit paradis beaucoup plus préservé du tourisme de masse. (J’avais compris Koh Jam et l’avais baptisée l’Île Confiture).
Sébastien nous a fait l’article de Joy Bungalows et surtout de Mister Yo chez qui la java doit se dérouler.

Nouvelle plage, nouvelle ambiance. Koh Jum est beaucoup moins courue que Lanta et Phi Phi, ses voisines et c’est tant mieux.
Joy bungalows est implanté au bord d’une plage immense et quasi déserte.
D’autres hébergements discrets l’émaillent  sans tapage.
La tentation du cocooning y est grande, même si l’électricité n’y est disponible que de 18 à 22H00.
Il faut traverser la jungle par des sentiers souvent boueux pour atteindre le village de pêcheurs de l’autre côté de l’île, où quelques boutiques et restaurants vous accueillent avec nonchalance.

Nous décidons le premier jour de marcher le long de la plage vers la pointe Sud où émergent quelques récifs. Nous avons la bonne surprise d’y découvrir un bar, une collection de bungalows accrochés aux rochers, voire perchés sur des arbres et, surtout, deux masseuses qui nous proposent leurs services.
Profitant de la marée basse, nous continuons notre exploration tout en récoltant des coquillages destinés à fabriquer un cadeau d’anniversaire pour Johana.
La plage est propre alors qu’elle n’est pas entretenue. On trouve bien quelques sacs plastique accrochés aux racines des arbres, mais assez peu finalement. Je découvre malgré tout un petit panier rejeté par la mer, bien pratique pour porter nos chaussures et nos coquillages. Nous concentrons notre cueillette sur des coquilles de moules géantes, type éventail d’andalouse, car le grand-père de Johana est ostréiculteur.
Nous arrivons ainsi aux premières maisons du village . Ce sont les logements des moines bouddhistes qui animent le temple local.

À notre vue, deux d’entre eux nous interpellent et nous invitent chez eux. Ils nous montrent les mobiles, colliers et suspensions qu’ils fabriquent avec des morceaux de corail, des petits cailloux et autres coquillages plus ou moins cassés dont ils ont rempli une panière. Ils nous offrent de l’eau et du café… et tout leur stock ! Au bas mot, vingt kilos. Comment refuser sans les vexer ? À l’aide de force mimes, nous leur expliquons que leur présent est trop lourd. Qu’à cela ne tienne, ils évoquent l’utilisation d’un taxi. Nous finissons, en chantonnant « happy birthday to you », par leur faire comprendre que nous cherchons seulement à fabriquer un cadeau d’anniversaire. Ils mettent aussitôt à notre disposition un poinçon et de la ficelle et courent chercher quelques superbes spécimens de gros coquillages qu’ils nous offrent en préconisant un usage de cendrier. Des cendriers bénis, voilà qui n'est pas banal comme cadeau d’anniversaire pour ses vingt ans, hein ? Surtout s’ils ont accompagnés d’une guirlande de vingt coquillages amoureusement assemblés par Catherine.


Nous les quittons et traversons le village de pêcheurs avant de rentrer à Joy Bungalow, non sans nous perdre un peu dans la jungle, pour la plus grande joie des moustiques friands de peaux blanches. Salauds !
Nous retrouvons Seb et Jo qui nous disent que nous sommes tous attendus chez Yo pour dîner.
À écouter Seb, Mister Yo le tatoueur de Koh Jum et Mister Bob, pilier du Seed Bar de Krabi, seraient des figures incontournables des îles alentour et la seule évocation de leurs noms ouvrirait bien des portes.


Il nous présente comme un honneur le fait d’être accueilli chez Yo Tatoo.
Notre hôte fait table ouverte, installe une sono, une boule disco à moteur et c’est reggae à fond jusqu’à plus soif. En prévision de la fête, je lui offre plusieurs CD de musiques diverses que j’ai gravés depuis mon ordi et qui reçoivent un accueil chaleureux.
Nous allons acheter quelques Chang à partager et passons une soirée sympathique, même si l’activité principale de la plupart des convives masculins reste d’alterner alcool et « bambou », ingénieux système de pipe à eau, tout en matériau naturel, dont l’usage occupe une bonne part de la journée de certains. Yo veille à tout, il cuisine, sert, prépare, répare, installe…
Le retour avec Johana constituera le premier d’une longue série de jungle trips nocturnes à Koh Jum.
Le lendemain, nous mettons la dernière main à la préparation de nos cadeaux. J’ai décidé d’offrir à Jo un exemplaire de mon bouquin sur lequel j’ai dessiné la plage, ses cocotiers, ses longtails et Phi Phi en fond. C’est la première fois que je me lance et que j’utilise le matériel à dessin que je traîne dans mes bagages depuis Toulouse.

Par le ferry du matin arrivent Mr Bob et Juhm, la gérante du Seed bar. Yo s’est déplacé pour les accueillir. Seb est aux anges, ses deux héros sont là, la fête sera belle.
Nous les rejoignons chez Yo à la nuit tombée, accompagnés de Jo, un Californien aux allures christiques que nous croisons régulièrement depuis quelques jours.

Nous rencontrerons également Peter le Canadien et Brandon l’Australien.
Yo a installé des tentures et des bancs dans sa cour. L’éclairage provient de lampes fabriquées à partir de mèches plongées dans de petites bouteilles remplies de pétrole et attachées au bout d’un bambou fiché dans le sol.
Il a même organisé un fire show qui se révélera de grande qualité, que ce soit au bâton ou aux bolas.

Nous offrons nos cadeaux à Johana, dont le regard mouillé témoigne, à leur ouverture, qu’ils lui font plaisir. L’épisode des coquillages-cendriers bénis recueille un franc succès.
Lors de ces deux soirées, il a plusieurs fois été question, avec l’un ou l’autre, d’aller pêcher le barracuda. J’attends mon heure pour relancer le sujet.
La journée du lendemain sera consacrée à flemmarder, nous promener et nous faire masser.
Le jour suivant, Sébastien et Johana embarquent pour leur retour en France. Pour eux, les vacances touchent à leur fin. Ils partent avec Bob et Juhm. Yo et Nan, sa femme, sont du voyage. Ils vont consulter à Krabi car elle est enceinte de leur deuxième enfant. Lorsque je demande où louer une mobylette, Yo me tend spontanément les clés de son scooter. L’île est à nous !
Nous décidons d’aller en explorer l’autre bout en empruntant la piste principale. Nous traversons ainsi l’autre face du décor, les plantations d’hévéas, les hameaux, pauvres mais entretenus. La proximité de la plage s’accompagne souvent de la présence d’un resort. Rien de luxueux, même si l’on en trouve de différentes catégories.

Plaques de latex séchant sous les hévéas
Nous poussons jusqu’à Koh Pu, l’autre village de l’île, encore moins touristique que Koh Jum. Une fois encore, nous apprécions l’autonomie de mouvement qu’offre un deux roues. Surtout lorsqu’il fonctionne. En effet, la meule de Yo montre des signes de faiblesse. En premier lieu, une panne d’essence. Nous serons secourus par une serviable demoiselle qui, enfourchant son propre scooter, ira jusqu’à l’épicerie la plus proche pour nous rapporter un litre de carburant. Ensuite, notre monture se met à caler de plus en plus régulièrement, suscitant chaque fois l’arrêt de ceux qui nous croisent ou qui nous doublent et qui nous proposent leur aide. Nous constaterons ainsi que la plupart d’entre eux reconnaissent la mob de Yo. L’île est petite.

Lors d’une ultime tentative de redémarrage, c’est l’un des très rares automobilistes de l’île qui s’arrête. Aidé par deux bonnes âmes qui ont diagnostiqué une surchauffe du moteur, nous chargeons le scooter à l’arrière de son pick-up. Il nous conduit à la station suivante – un bidon de 200 litres équipé d’une pompe manuelle – et nous remettons du jus. Le trajet a suffi pour que notre engin accepte de redémarrer. 

Nous le descendons et repartons jusqu’à Joy Bungalows. 50cm3 fatigués, c’est un peu léger pour nous trimballer sur les pistes défoncées de Koh Jum, surtout que Yo ne doit pas dépasser les 60 kg et ne parlons pas de Nan.



À notre arrivée, nous rencontrons Jean-Paul et Flo, un couple de montpelliérains qui débarquent d’un séjour éblouissant aux îles Sulawesi. Nous ne nous quitterons plus jusqu’à notre départ.
Le lendemain, le ferry ramène Yo et Nan. Le futur bébé est une fille.




Je relance l’idée d’une journée de pêche. 

Jean-Paul et Flo sont également partants. Yo nous promet qu’il s’occupe de tout. Rendez-vous est pris pour le soir même afin de régler les derniers détails.



En fait de détail, c’est le règlement qui va poser problème. Un gros malentendu apparaît car là où j’avais pensé à un plan de copains à pas cher avec un pêcheur sur un longtail, Yo a réservé un gros bateau, avec deux marins, un équipement complet et annonce la journée à 10000 Baths. Devant notre refus, il me dit être embêté car des frais auraient été engagés, bref, c’est l’impasse.

Nous allons nous coucher pensant avoir été clairs et entendus quant à notre refus de partir en mer.
Le lendemain à 7H00, Yo vient frapper à notre porte disant que le capitaine nous attend. Il me presse de venir lui parler. Après négociation, nous nous mettons d’accord pour 5000 Baths. C’est un tarif raisonnable pour cette prestation, le bateau offre un confort certain avec de l’ombre, une cuisine à bord, des cannes à pêche et un moteur relativement silencieux dans la cale, mais j’avoue que mon plaisir a été gâché par toutes les négociations préliminaires. De plus, notre départ a lieu vers 10H00 alors qu’il était initialement prévu à 6H00, moment bien plus propice à la pêche.

Au retour, Yo se propose de cuisiner pour nous les poissons que nous avons gardés après le partage.
Cette journée en demi-teinte donne le signal de notre départ. Nous décidons de le programmer au surlendemain.
Nous passons une dernière journée de farniente avec Jean-Paul et Flo auxquels je montre le test musculaire sous l’œil connaisseur de Peter, cinquantenaire né en Crête et vivant en Australie depuis plus de vingt ans. Personnage intéressant qui en viendra à prophétiser une future rencontre entre nous dans son pays d’élection. Inch’ Allah ! Il suffit que son corps résiste encore quelques années à sa consommation quotidienne de Sang Som pour lequel il manifeste un penchant prononcé.

Koh Jam, l’île confiture, malgré son calme et une certaine authenticité, conserve encore aujourd’hui pour moi une saveur d’orange amère.


Une fois encore, la barrière de la langue a empêché une communication claire et fait planer un doute quant à ce qui motive les relations entre les Thaïs et nous.






Malgré toute notre bonne volonté, la frontière est décidément bien floue entre les statuts de 



Touriste, de Voyageur, d’Étranger (farang), d’ami ou bien de Couillon sur pattes…








Que le grand cric me croque

« Krabi ! Krabi ! Krabi ! »
L’appel est lancé. Il est l’heure.
Nous nous harnachons avec nos sacs à dos ; le grand derrière, le petit devant.
Le longtail de Joy Bungalows nous attend sur la plage. Belle embarcation en bois verni, à la proue phallique, ornée de tissus bénis aux couleurs chatoyantes et équipé d’un moteur de voiture à échappement presque libre qui démarre à la manivelle. Monté sur pivot, ce dernier entraîne une hélice fixée au bout d’un arbre de plusieurs mètres qui lui donne des allures de mixer. D’où le nom de longtail , longue queue, embarcation traditionnelle de cette partie du monde.
Nous pataugeons jusqu’à lui et grimpons à bord. Direction, le large, vers le point de rassemblement des longtails affrétés par les différents resorts de la plage, ces hôtels qui proposent des bungalows les pieds dans l’eau, autour d’un bar et d’un restaurant.
L’attente est de courte durée car voici arriver le ferry de Koh Lanta à Krabi, régulier comme un métronome.
Un signal imperceptible donne le départ d’un superbe ballet nautique. Dans un grand mouvement tournant, les petits longtails se lancent à l’abordage du ferry complaisant.

Nos marins viennent l’accoster en poussant de grands cris, tels leurs ancêtres pirates. Mais aujourd’hui, leur but n’est pas de terroriser les passagers, ils annoncent seulement leur destination : Joys Bungalow, New Bungalows, Free Bungalows …
La mer d’Andaman est calme et la manœuvre parfaitement rodée. Nous transférons nos sacs dans le ventre du ferry et sautons à bord.
De nouveaux arrivants nous remplacent sur le longtail. L’échange dure quelques minutes à peine avant que le grand navire blanc ne redémarre, impatient de renouveler l’opération, plus loin, au large d’une autre plage.
Nous nous installons à l’intérieur, sur les sièges modernes et confortables de cet autobus des mers. Retour au présent.




samedi 25 décembre 2010

Cadeau de Noël


Ne boudons pas notre plaisir, l'écriture et la littérature restent les deux mamelles de notre voyage…
Ce matin 25 décembre à 6 heures du matin devant notre ordi illuminé, nous avons eu notre cadeau : la réponse de Katherine Pancol à notre lettre enthousiaste suite à la lecture de son roman Les Yeux jaunes des crocodiles…
Salauds de moustiques ! Je viens encore de me faire crayaver. Ils dorment jamais…
Profitez bien des huîtres, foie gras, chapon, champagne et petit patapon.
Nous serons dans le bus qui nous ramène à Kuala Lumpur avant le grand saut après demain vers l'Argentine.

Le 21/12/10 06:53, « catherine et alfred » 

<cmlamarque@gmail.com> a écrit :

> Message de catherine et alfred : enthousiasme thailandais
>
> Krabi, Thaïlande, 21 décembre 2010
>
> C’était à Koh Jum, surnommée par nous l’île confiture, le voyage commençait à
> s’étirer et les possibilités de lecture à se raréfier. Alors lorsque j’ai
> aperçu sur une étagère Les yeux jaunes des crocodiles, j’ai retrouvé mes 7 ans
> quand je chapardais des pains au chocolat à la sortie du catéchisme. Peut-être
> pour conjurer le sort et les discours des dames patronnesses qui me faisaient
> avaler des couleuvres, en tout cas j’avais des doutes et le défi avait un
> délicieux goût d’enfer et de paradis…
> C’est donc là, face à la mer gris-vert et pas turquoise comme dans les pubs du
> métro que j’ai attrapé le bouquin avec une gourmandise non dissimulée. Pour
> ça, l’Inde et la Thaïlande sont des pays de rêve, les voyageurs laissent leurs
> bouquins et ça tourne sans histoire. Tu laisses un bouquin, ravi de te
> délester de 400 grammes et trois jours après tu en récupères un autre. Comme
> un cadeau du ciel et là, le cadeau était en or, un Pancol en voyage, promesse
> d’évasion garantie, de lecture rapide et vorace. Plonger dans la lecture comme
> si j’étais au cinéma, j’adore. Savourer le travail sur les personnages,
> décortiquer la construction qui n’en a pas l’air mais qui en a la chanson. Et
> surtout retrouver ce moment délicieux où tu vas enfin prendre le bouquin en
> main et t’extraire de tout alentour.
> Quand il était sorti en France, je l’avais snobé. Trop certaine de l’aimer,
> j’avais boudé mon plaisir. Un peu, voire beaucoup, jalouse de l’aisance, de la
> fluidité, de l’humour, de la facilité, du succès, de la réussite… pff, t’en as
> lu un, tu les as tous lus, bref de la vraie mauvaise foi, la plus authentique
> qui soit.
> Et voilà, c’est lu, ça m’a donné envie d’écrire. Je l’ai refilé à Alfred avec
> moultes précautions, tu sais c’est un bouquin de nana… ça veut tout dire et
> rien dire du tout.
> Il l’a dévoré, nous avons commenté et soupesé et recommenté et encore parlé,
> parlé et pensé à nos mots, à nos histoires, à nos romans en devenir.
> Et nous voilà aujourd’hui, alanguis dans cet hôtel, un peu nazes après une
> journée masque et tuba avec les poissons d’aquarium. On s’est offert le luxe
> d’un hôtel avec wifi et même tv5 Asie, on a regardé le film Papillon avec
> Michel Serraut et j’ai écrasé ma larme.
> Ce matin, j’ai ouvert ton blog et lâché mon blabla.
> Ça me fait du bien de laisser courir ces mots-là dans le vent.
> Tiens, je vais également les publier sur notre blog de voyage.
> Merci pour l’inspiration, merci pour ton talent et ta joie de vivre.
>
> Catherine Manuel-Lamarque
>
> PS 1: Des amis viennent nous retrouver au Chili en février, je vais leur
> demander de glisser les tortues et les écureuils dans leurs valises. J’aurai
> rattrapé mon retard.
> Amazon, quand tu nous tiens…
>
>
> PS 2 :
> Sur la table aux trésors, contre le comptoir en bambou, du Joy Bungalow, c’est
> un exemplaire littéralement vermoulu de « La nurse anglaise » de San-Antonio
> que j’ai d’abord repéré. Je suis sûr que Monsieur Frédéric Dard aurait souri
> de l’anecdote. Je remercie les bestioles papivores d’avoir eu la délicatesse
> de préserver le texte,  me permettant ainsi de le dévorer à mon tour.
> C’est drôle, il parlait aussi de la couronne d’Angleterre !
> J’ai ensuite dû attendre que Catherine finisse d’avaler tes crocodiles avant
> de pouvoir les regarder dans les yeux et de me faire happer à mon tour.
> J’en ai oublié le sable blanc et les eaux émeraude sans regret aucun.
> En refermant le livre, je me suis dit « Voici une femme dont j’aimerais être
> l’ami », c’est ce qui me fait oser ce téméraire tutoiement.
> À l’instar de Catherine, j’attends la suite en février tout en espérant que
> cette première lecture constitue un bienfaisant déclencheur à nos propres
> productions.
> Merci pour les messages d’amour distillés par tes personnages, pour la force
> qu’ils en retirent et celle qu’ils nous insufflent, vaille que vaille.
> À bientôt ?
> Alfred Manuel

Re: Message d'un internaute
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Répondre

Katherine Pancol 

 à moi
afficher les détails 00:41 (Il y a 5 heures)
Merci Catherine, et merci Alfred, vos mots me touchent beaucoup, beaucoup.

Je l’ai lu et relu votre message qui se déclinait comme un voyage de monsieur Cook !
Et je me suis dit que j’avais bien de la chance d’avoir deux lecteurs aussi gais, aussi pointus, aussi jubilatoires !
Aussi honnêtes aussi ( le passage où vous faites la fine bouche et jouez la fière lectrice !) !!!

Hi ! Hi ! J‘ai souri...

J’ai tout aimé dans votre message et je l’ai lu à la ronde !

Alors à mon tour de vous faire une courbette d’amitié et de vous chanter sur l’air du plus beau chant de Noël :


Beau, beau, beau Noël plein de douceur, d’amour et de sérénité à tous les deux !
Et une belle année à venir aussi !



Katherine Pancol

vendredi 24 décembre 2010

Joyeux Noël

Ici en pays bouddhiste et en l'occurrence pas mal musulman,
du moins dans le sud de la Thaïlande,
les sapins de Noël sont partout.
Voilà mon préféré

mercredi 22 décembre 2010

Un grand pas vers l'égalité

Sauvées les filles ! Finis les soucis de poils au menton
(Remarquez le singulier et le pluriel)

Thaï messages

27 novembre

Les aventures de Krabi Jacob

Tout ça s’est fait naturellement, sans y penser, sans réfléchir.

Ils étaient dans le même bus que nous en sortant de l’aéroport à 15h00. Lui nous a interpellés. Ils avaient un Lonely Planet en français, le nôtre était en anglais. 

Il nous a parlé d’une guest-house qu’il connaissait à 150 baths (4 €). Nous les avons suivis, avons découvert le Seed bar, ouvertement reggae, puis d’autres Français et puis la Chang, et puis, et puis, nous sommes couchés à 4H30, après moult bières et rhums Sang Som, non sans avoir chanté Syracuse à trois voix.



Sébastien, le fils putatif. Ce n'est pas Jo mais Virginie.
Entre nous, ici Thaïs et farangs fument comme des pompiers.
Je tiens bon !
Le ton de la Thaïlande était donné. La première semaine se déroulerait sous le signe de Sébastien et Johana, respectivement 23 et presque 20 ans, nos compagnons de route, que tout le monde prendra, lui pour notre fils et elle pour notre belle-fille.
Tous deux saisonniers dans la restauration, ils ont choisi de passer leurs cinq semaines de congés en Thaïlande.
Fort de son expérience de l’année précédente, doté d’un bagout, d’un enthousiasme, d’un sens du contact et de la négociation qui lui ouvrent bien des portes, Sébastien nous entraînera avec lui à Railay puis à Kho Jum où nous le suivrons avec plaisir.

Krabi, c’est la capitale du Sud, le point de départ pour les îles, les plages de rêve, Kho Phi Phi - prononcer Kopipi -, Maya Beach, Kho Lanta…, le sable doré et les eaux cristallines, d’un vert bien plus engageant que celles du canal du Midi.
Malgré les promesses ensoleillées des guides de voyage, la météo fait des siennes avec un temps couvert et des averses fréquentes. Nous décidons malgré tout une escapade en, comment dire, mini-bus ? taxi-brousse ? bref, un pick-up à ridelles avec deux bancs à l’arrière. Il en passe souvent, guettant les passagers potentiels, ils suivent des itinéraires définis. Direction Ao Nang.
(Un peu de Thaï : Kho = île, Ao = plage)

Ne sachant pas où descendre, nous nous retrouvons au bout de la ligne dans un site réputé pour ses fossiles, que nous ne visiterons pas, peu enclins que nous sommes à lâcher 200 baths chacun. 
Rêve d'animatrice !
Néanmoins, sur une centaine de mètres se côtoient des magasins de souvenirs qui proposent tous la même chose : colliers, bracelets, breloques, pendeloques, fabriqués avec des coquillages, de toutes les tailles, de toutes les formes. À notre grand soulagement, pas de rabattage, aucun racolage et ce, malgré la maigre fréquentation touristique.

Nous repartons vers Ao Nang, que je qualifierai comme étant la plage de Krabi, à une vingtaine de kilomètres d’icelle. C’est notre premier contact avec l’eau émeraude bordée de falaises vertigineuses typiques de cette partie du monde.
La saison n’a pas encore complètement démarré, les vacances scolaires dans l’hémisphère sud et en particulier en Australie et Nouvelle-Zélande ne débutent que dans quelques jours au 1er décembre.

Un alignement de stands de massage s’offre à nous, à vingt mètres de l’eau, sous l’ombre des palmiers. Ce sont de grandes huttes, propres, décorées avec soin, au toit tressé et ouvertes sur trois côtés. Chacune d’elles abrite une dizaine de matelas, posés sur un plancher.
Nous choisissons une masseuse souriante qui nous propose d’aller nous baigner avant notre massage. Elle nous apporte deux chaises afin d’y déposer nos affaires qu’elle surveillera. Au sortir de l’eau, deux tranches d’ananas frais nous attendent.
Je vis ce sens du service et du détail, plein de chaleur respectueuse, comme un baume apaisant. Il est la signature de rapports humains et commerciaux beaucoup plus à mon goût.
C’est donc bercé par le bruit des vague(lette)s et rafraîchi par une petite brise marine que j’ai vécu mon premier Thaï massage.

Précis, technique, profond et ferme, il est agrémenté d’une sensualité en filigrane lorsque la masseuse se met à genoux ou à califourchon sur moi. Sans atteindre la dureté des massages reçus à Ulaan Bator, l’expérience reste physique, mais la maestria de ma praticienne lui permet de doser la pression exercée sur mon corps, que ce soit avec les mains, les avant-bras, les coudes, les genoux ou bien les pieds.
Le soin se termine par la première séance de pédicure que je reçois de ma vie.
Un pur bonheur.
Après nos excès de la veille, nous nous sentons régénérés.
Catherine avait déjà choisi un massage à Krabi avec la même satisfaction et c’est d’un commun accord que nous décidons de renouveler quotidiennement cette expérience.
Nous inclurons des variantes avec les massages à l’huile ou à l’aloe vera, un peu plus doux, voire avec des tampons d’herbes bienfaisantes chauffés à la vapeur. Les techniques présentent quelques variantes suivant les lieux. Un jour, directement sur la plage, j’irai jusqu’à m’endormir sous la douceur des gestes, à la grande fierté de ma masseuse. D’autres n’hésiteront pas à me fouler aux pieds avec délicatesse, debout sur mon dos, mon bassin et mes jambes.
Les tarifs varient entre 200 et 350 baths, soit entre 5 et 8 euros pour une heure à une heure trente.

Détendus et revigorés, nous rentrons à Krabi. Le taxi/bus nous dépose près d’un marché aux airs de fête de village. Une scène voit défiler des chanteurs et danseurs amateurs, des tables et des chaises sont réparties au centre de la place. Elle est entourée de stands qui rivalisent de couleurs et de parfums alléchants. Des brochettes, des soupes, des nouilles mais également des desserts sont offerts à notre convoitise. Nous optons pour une sorte d’huîtres de mangrove qui précéderont un énorme maquereau grillé, accompagné de quelques nouilles agrémentées d’ingrédients multiples et savoureux.

En rentrant, nous croisons Virginie et Laurent, nos compagnons de soirée de la veille, avec lesquels nous chantâmes Syracuse. Un rapide échange sur nos parcours de vie avait montré une étonnante similitude entre mon chemin et celui de Laurent qui, après sept ans de banque, a passé sept ans au sein des Tambours du Bronx avant de se reconvertir dans l’accompagnement de groupes en montagne.
Je décide de leur offrir un exemplaire de mon bouquin.

Krabi, lieu stratégique, point de départ de nombreux bateaux et autres excursions n’offre à première vue pas d’autre intérêt que des prix moins élevés que sur les plages, pourtant, on y revient et on finit même par s’y attacher.

Depuis Kuala Lumpur, nous avions contacté par mail, Romain, petit cousin Tarnais de Catherine, rescapé du tsunami, qui vit et travaille à Kho Phi Phi. Dans sa réponse, il nous expliquait se trouver à Bangkok avant un séjour en Inde de deux semaines. Nous devons attendre son retour le 16 décembre pour le rencontrer.

29 novembre - 3 décembre

Railey David Song

Alf et les petits !
Dès lors, nous décidons, à leur grande joie, de suivre Sébastien et Johana à Railay
(ou Rayley, voire Ray Leh…). Proche d’Ao Nang mais accessible uniquement en bateau, cette presqu’île passe pour l’un des spots de varappe les plus fameux du monde.
Nous y voilà vraiment. Eau verte, éperons rocheux vertigineux couverts de végétation tropicale, plages dorées. Ma première impression, depuis le bateau, est d’arriver dans la carte postale du paradis terrestre. Sable fin, cocotiers, bananaz comme chantaient les Raoul Petite. L’impression sera confirmée à l’arrivée puisqu’il faut marcher sur l’eau pour atteindre la côte.

Catherine et Sébastien partent chercher une guest-house abordable pendant que je reste avec Johana pour garder les sacs.
Il faut dire que toute l’activité est tournée vers le tourisme. Bars, resorts, restaurants et boutiques nous accueillent en rangs serrés. Les catégories varient du pas trop cher à l’inabordable.
Notre choix se porte sur le Rapala Cabana, alignement de bungalows rustiques à flanc de colline, que l’on atteint par deux escaliers fort raides. Un matelas posé au sol, une moustiquaire, un ventilateur, une salle d’eau attenante et un petit balcon nous coûteront 300 baths par jour. Nous sommes chanceux car pour les nouveaux arrivants, les tarifs augmentent dès le lendemain de notre installation et passent à 500 baths. La haute saison commence…
Le Rapala Cabana propose également un service de restauration où la plupart des plats courants comme l’incontournable et succulent pad thaï sont au tarif unique de 60 bath (1,5€). Au bas des escaliers, les autres restaurants l’affichent à 90, voire 120.

Les paroles du "vieux" sage !
Le jour de mon arrivée à l’école de gendarmerie de Montluçon, un autocar nous conduisit de la gare à la caserne. Un vieux gendarme nous accompagnait.
Il arrêta le véhicule devant la grille, fit ouvrir la portière et s’adressa à nous, jeunes recrues qui piaffions d’impatience.
- Messieurs, nous dit-il, si vous franchissez ce portail, sachez que c’est votre liberté que vous vendez. Ceux qui veulent descendre peuvent encore le faire.
Il provoqua l’hilarité générale et quelques années me furent nécessaires pour comprendre à quel point il avait raison.
Plus tard, dans ma brigade tarnaise, un reportage me captiva, dans lequel j’appris que « Thaï » signifie «  Libre » et que Thaïlande signifie Le Pays des Hommes Libres.
Quelques temps après, j’eus ma première chienne que je baptisai Thaï, avec le désir qu’il y ait au moins un être de libre sous mon toit. Il s’agissait d’un cocker golden qui périt un jour de fugue, sous les roues de l’infirmière du village.
Au Rapala Cabana, la présence d’un vieux cocker golden, le seul que j’aie croisé depuis le début de notre voyage, vient réveiller ces vieux souvenirs, comme un clin d’œil du destin, confirmant que liberté et âge avancé sont compatibles.

View point
Railey présente plusieurs facettes. Railey East, là où nous débarquons, le côté mangrove, moins cliché, plutôt destiné aux routards désargentés, celui où nous nous installons. Il n’y a pas de plage à proprement parler.
Railay West, c’est la plage de sable blond, les resorts de luxe, les restaurants et boutiques chics. Il suffit pour l’atteindre de traverser à pied la presqu’île, ce qui prend cinq minutes.

Au bout de la plage, on peut, à marée basse, contourner les rochers et atteindre  Ton Sai, paradis des grimpeurs. Logements et nourriture y sont abordables. Nous avons même trouvé, à limite de la jungle la plus éloignée de la plage, un bungalow à 100 baths la nuit, sans électricité ni salle d’eau mais moustiques à volonté.
La presqu’île est très escarpée. Les bords de plage, seulement accessibles par la mer, sont entourés de falaises qui renvoient le bruit quasi incessant des moteurs de longtails, ce qui n’est pas sans évoquer par moments, la charge des hélicoptères dans Apocalypse Now, Wagner en moins.

En regardant un plan, nous découvrons, le dernier jour, l’existence d’un « Point de Vue » et d’un « lagon », tous deux perchés sur un éperon rocheux.
Nous voilà donc partis, appareil photo au poing, accompagnés de Kim et Mélanie deux sœurs québécoises, blondes et mignonnes comme des cœurs, leur copain Kevin et Sandra, toulousaine d’adoption, tous pensionnaires du Rapala. Nous ne pouvons nous empêcher de penser qu’Antoine pourrait être à notre place s’il avait fait d’autres choix de vie. Nous avons croisé bien des filles célibataires, jolies et sympathiques depuis notre départ… Alors je le dis bien haut : D’jeuns de tous les pays qui nous lisez, n’hésitez pas, sortez de chez vous, bougez, voyagez, le monde vous appartient !

La plage cachée
Mais revenons à nos lagons. Je crois avoir déjà expliqué les facéties de la météo locale, généreuse en averses, il vous suffit donc d’imaginer un sentier de chèvres, rocheux et glissant, frisant l’à-pic par endroits, équipé d’une corde suivant les sections et qui part à l’assaut de la jungle. Vous aurez alors une image assez juste de ce qui nous attend. Catherine escalade quelques mètres, croisant ceux qui en reviennent couverts de boue et déclare forfait, en proie au vertige. J’irai jusqu’au « View Point » et renoncerai au lagon. Il est des risques gratuits qui paraissent inutiles passé un certain âge. Malgré tout, je constate avec satisfaction que mon corps répond mieux après les massages, ce qui est encourageant.

La bonne surprise vient de la quatrième plage que Catherine découvre pendant que je joue les Frison-Roche des tropiques.

Des singes crabiers viennent y grappiller un peu de nourriture, les falaises ont les pieds dans l’eau la plus claire que nous ayons vue jusqu’ici et proposent des douches naturelles alimentées par l’eau de ruissellement.

Une grotte peu profonde et haute comme une cathédrale abrite un autel dédié à un culte étrange et pénétrant, puisqu’il est littéralement couvert de pénis. De toutes les tailles, de toutes les formes, de toutes les couleurs ; décorés, sculptés, avec des collerettes, des colliers de fleurs, modestes ou fantasmagoriques, des zobs, des chibres, des mandrins et, régulièrement, des hommes et des femmes qui viennent  s’y recueillir en déposant une offrande. Le gardien des lieux est un oiseau bleu de la taille d’un merle, premier bénéficiaire de la nourriture déposée.

Quoi qu’il en soit, le nombre important de femmes enceintes que je croise dans ce pays semble attester de l’efficacité du culte de la Grotte de la Sainte Bite de Railey.

Sur la plage, deux longtails équipés d’une petite cuisine proposent des jus de fruits, des plats cuisinés et des grillades. C’est sans conteste à nos yeux l’endroit le plus sympathique de la presqu’île.

Après quelques jours de farniente, il est temps de partir.